Lettre de François Ducray à Corine.

Voici un beau témoignage, reçu par Corine :

Chère Corine,

Je pense bien souvent à toi, mais ces derniers jours ont ramené à la surface un tas de conversations passées…quoiqu’hélas plus actuelles que jamais ! Un fort et compréhensible désir de re-jouer ensemble à 3 d’entre vous ne peut excuser la discrimination publique que subit le quatrième quart de Teléphone, à savoir toi, Corine. D’autant que ce fort désir, s’il n’est pas a priori contestable, s’est ourdi en secret (de toi en tout cas ) des mois à l’avance, ce qu’il faut pour se retrouver et répéter – une occasion manquée de tester tes virtualités aux quatre cordes…Et qu’il vient se matérialiser à l’approche d’une campagne de promotion pour une nouvelle Intégrale, programmée, elle, depuis au moins une bonne année sans doute. Le calcul se renifle de loin, accompagné d’un parfum d’inélégance qui caractérise à souhait ces retrouvailles volontairement tronquées entre bonshommes, dans leur vieux vestiaire tendu des mêmes vieilles chaussettes aux relents si rassurants…pour eux ! Grand bien leur fasse : ce que les Zeppelin ont pu accomplir récemment était en bonne partie légitime, puisque leur batteur était très mort quoique passablement présent par son fils ; ce que les Who ont pu tenter car encore deux fois, la mort les avait frappés et que c’est à sa sale gueule qu’ils ont voulu et su cracher en se réinventant avec panache…! Mais certes pas ces Insus de maigre chahut aux intentions si platement prévisibles : taper un boeuf à trois pattes…et dans ce qui reste de caisse envisageable, au point d’orgue essouflé où en sont leurs admirables carrières respectives…Tu peux, toi, te dire qu’au moins la dignité ne t’a jamais plantée, de même que tu ne l’as jamais insultée, ce qu’atteste ton interview à l’Obs, où je reconnais bien ta griffe toujours précise et percutante. Je suis convaincu qu’à sa suite, mais aussi dès avant, une foule de personnes que le battage nostalgique ne rend ni aveugles ni stupides, a voulu se manifester à tes côtés. Count me in, Corine ! Je t’embrasse de tout mon vieux coeur insu…bmersible…

FD